Argumentaire

1. L’initiative de résiliation est une attaque contre les droits de tous les salarié-e-s

L’initiative de résiliation de l’UDC veut supprimer la libre circulation avec l’Union européenne et les mesures d’accompagnement pour la protection des salaires. L’acceptation de l’initiative mènerait à la suppression de 40 000 contrôles annuels menés par les commissions paritaires et tripartites en Suisse. Ces contrôles permettent de condamner les entreprises tricheuses, qu’elles soient Suisses ou étrangères.

La conséquence serait le déclenchement d’une gigantesque spirale de dumping salarial avec des salaires tirés vers le bas et des conditions de travail de plus en plus précaires. Cela constituerait une atteinte sans précédent aux droits de l'ensemble des salarié-e-s.

2. L’initiative de résiliation aggrave la récession

Le vote sur l'initiative de résiliation arrive à un moment critique. La Suisse est menacée par une profonde récession à cause du Covid-19. Cette initiative entraînerait la résiliation des accords bilatéraux avec notre plus important partenaire commercial qu’est l’Union européenne et aggraverait par conséquent la crise économique. Ce n'est qu'avec des salaires plus élevés et le plein emploi que nous trouverons rapidement un moyen de sortir de la récession due au coronavirus.

3. Pas une question de migration mais une question de profits

Avec ou sans contingentement de la main d’œuvre étrangère, l’immigration en Suisse suit les cycles économiques. Les entreprises ont toujours su se procurer les forces de travail dont elles ont besoin. Réintroduire des contingents reviendrait à retirer leurs droits à une partie des salarié-e-s.

Cela ne ferait qu’accroître encore les problèmes de la précarisation, du travail au noir et de la pression sur les salaires. La Suisse a déjà fait l’expérience négative des politiques de contingentement de la main d’œuvre étrangère avec le statut inhumain de saisonnier : cela a conduit à une pression sur les salaires et à l’exploitation honteuse des migrant-e-s par des patrons sans scrupules. C’est seulement avec des droits forts pour tous les salarié-e-s que nous parviendrons à imposer de meilleurs salaires et des conditions de travail dignes pour toutes et tous.

4. Pour contrer la pression sur le marché du travail, il faut plus de droits pour les salarié-e-s, pas moins

Les problèmes sur le marché du travail sont étroitement liés à la course au profit à tout prix : ces dernières années, les rémunérations versées aux actionnaires ont atteint des niveaux records avec 63 milliards de francs de dividendes versés en 2019 pour les 33 plus grandes entreprises suisses. Ces bénéfices pour les actionnaires sont réalisés au détriment d’emplois sûrs et de bonne qualité. La suppression de la libre circulation des personnes et le retour au système des contingents comme le réclame l’initiative ne ferait pas baisser la concurrence sur le marché du travail. Cela provoquerait le contraire, comme le montre les expériences du passé.

Actuellement, la pression s’accroît sur les conditions de travail en raison de l’augmentation du travail temporaire, du sous-emploi et du chômage. Les inégalités entre les hauts revenus des top managers et ceux des salarié-e-s se creusent. Les salaires baissent alors que les bonus des managers explosent. Les mesures d’accompagnement, les salaires minimums et les conditions de travail doivent être améliorées afin de limiter la pression sur le marché du travail et empêcher le dumping salarial et la concurrence déloyale.

5. L'UDC ne représente pas les travailleurs et les travailleuses

C’est le rêve que caressent les milliardaires l’UDC depuis leurs villas sur la Goldküste de Zurich pour augmenter encore davantage leurs profits: en finir avec les contrôles, rendre inefficaces les conventions collectives de travail, affaiblir les syndicats, imposer encore davantage de concurrence, avoir une main d’œuvre vivant dans la peur, et des salarié-e-s migrants privés de droits. Magdalena Martullo Blocher, membre de la direction de l’UDC l’a dit elle-même récemment lors d’une conférence de presse: «Les CCT et les salaires minimums neutralisent toute concurrence, maintiennent des structures inefficaces et renchérissent la production». Comme le faisaient déjà James Schwarzenbach et ses amis à l’époque, l’UDC retire en plus un profit politique en accusant nos collègues issus de l’immigration de tous les maux.